

L'islam,
les droits des enfants et le voile-gate
Rahe Kargar
Récemment, 2 tracts avec le même esprit, le même
contenu et, peut-être, de la même plume, ont été
diffusés à Stockholm. Ces tracts, d'un ton très
agressif, prennent position contre "la campagne pour la défense
des droits des femmes iraniennes". Ils nécessitent une
réponse sérieuse. Le premier tract porte la signature
de la revue suédoise, "les femmes et le fondamentalisme",
et le deuxième, celle de RAHE-KARGAR[1] elle-même. Apparemment,
ce qui a provoqué la colère de nos amis, c'est notre
défense de l'interdiction du voile islamique pour les filles
mineures. Ils disent que ceci est "la négation de la liberté
vestimentaire pour les musulmans" et "la négation
des droits démocratiques des minorités". Ils disent
que ceci est une revendication à la "Reza khan"[2],
polpotistes, fascistes, et raciste. Ils nous accusent de vouloir mêler
"l'état, la loi et la police", dans cette affaire.
Ils prétendent que nous voudrions enlever les voiles des femmes
par la force, que nous avons divisé les gens en deux camps
: "les musulmans" et "leurs ennemis", que nous
avons l'intention de provoquer une "guerre de religion".
Et, ceux-ci, ne sont que leurs meilleurs propos. Ils nous tiennent
des propos que dans toute société où on respecte
les gens, où les "minorités" ne seraient pas
laissées à la merci de "leurs" traditions
et de leurs cultures islamiques et orientales, ils auraient affaire
à "l'état, la loi et la police".
La divergence entre nous et eux, sur les droits indéniables
de l'enfant, la question de la tyrannie et de la répression
des femmes dans les familles "islamiques", est réelle
; on devrait, calmement et de façon argumentée, définir
et souligner celle-ci. Cette divergence, qu'on abordera plus loin,
est très profonde et importante, Cependant, l'hystérie
de ces tracts ne vient pas de la différence théoriques
de nos opinions respectifs, mais du fait que nos amis ont compris,
exactement comme au moment de leur soutien à l'expulsion des
afghans de l'Iran, qu'ils ont provoqué un scandale public (avant
la chute de l'Union Soviétique et la transformation démocratique
de Rahe Kargar, quand leur cher "Camp Socialiste" était
en guerre contre les musulmans afghans et ceux-ci ne méritaient
pas encore la démocratie). Ce bruit et cette hystérie
visent à compenser les effets de la réunion qu'ils ont
organisée, afin de répondre aux communistes et neutraliser
l'attention de l'opinion publique pour notre Campagne et pour le discours
d'Asrin MOHAMMADI[3]. Comme le montre leur communiqué, ils
n'attendaient pas l'accueil enthousiaste de nombreux musulmans et
"fondamentalistes", ni les cris d'allaho akbar (dieu est
grand), dans les rangs de leurs supporters. Ils ont fait des calculs,
et ils ont compris qu'ils ont subi des pertes. Ils n'auraient pas
dû se montrer si islamiques ! Il n'était pas prévu
que leurs "lignes de démarcation" avec les islamistes
soient tellement confondus. Cet islamophilie, pourrait être
utile pour l'organisation à l'étranger d'un "parti
frère" d'un pays où l'islam est influent parmi
ses émigrés, mais pour une organisation qui à
affaire aux immigrés venus d'Iran, citadins et profondément
anti-religieux, "gigolos" comme ils disent, c'est une honte
et un grand scandale politique. Une organisation, qui veut, encore,
diviser l'islam et le mouvement islamique en bon et mauvais, modéré
et fondamentaliste, mangeable et empoisonné, populaire et anti-populaire,
une organisation, dont tout le monde sait qu'elle est une descendante
directe du Parti Toudeh et de Fedaiin Majorité (prosoviétiques),
partisans de la ligne d'Imam (Khomeini), et de leurs traditions politiques,
a signé sa propre faillite. Ceci est le "voile-gate"[4]
et l'"islam-gate" de ces messieurs. Ils l'ont compris eux-mêmes
et cherchent à réparer les dégâts avec
du bruit et du tapage. Ils veulent jeter la responsabilité
de très gênant soutien des islamistes à leurs
positions et à leurs idées, sur notre "gauchisme"
et notre "fondamentalisme" anti-islamique. Si le Parti Communiste
Ouvrier d'Iran n'était pas une organisation à la "Reza
Khan" et polpotiste, les fondamentalistes islamiques ne se trouveraient
pas dans une position de force, et ne s'abriteraient pas derrière
la démocratie. Par conséquent, leurs lignes de démarcation
avec Rahe Kargar et la revue suédoise des "femmes contre
le fondamentalisme", ne seraient pas confondues ! Un argument
qui se veut, inutilement, malin.
Permettez-nous de nous occuper, un à un, aux points importants
de ce débat.
LES DROITS DES ENFANTS ET LE VOILE ISLAMIQUE Nous n'avons pas parlé
d'"enlever le voile de la tête des femmes", et encore
moins par "la police". Le programme du Parti Communiste
Ouvrier défend clairement la liberté vestimentaire.
Mais, notre programme est aussi pour la protection des enfants face
à la religion et des sectes religieuses. En plus, nous considérons
comme délit "l'empêchement des enfants de profiter
de leurs droits civiques et sociaux tels que l'éducation, l'amusement
et la participation à des activités sociales propres
aux enfants". Le débat sur la liberté du port du
voile islamique, concerne les adultes. Ceci concerne les personnes
qui, tout au moins formellement et du point de vue de la loi, ont
le droit de choisir et assument les conséquences de leur libre
choix (bien que, le droit de choisir pour une femme adulte qui connaît
le couteau et l'acide islamique, soit des plus chimérique).
Le débat sur la liberté vestimentaire ne dit rien sur
les droits des enfants, des jeunes filles et des adolescentes qui
vivent en charge de leurs parents. Nos génies de Rahe Kargar
disent que la distinction entre l'enfant et l'adulte "ne change
en rien le problème". Si, ça le change complètement.
Nous disons que faire porter le voile islamique par les fillettes
et les adolescentes qui n'ont pas atteint l'âge majeur légal,
doit être légalement interdit. Car, ceci n'est pas la
réalisation de la liberté de s'habiller comme on veut.
Au contraire, c'est obliger l'enfant de porter un habille particulier,
par les partisans d'une secte religieuse précise. Soutenir
la liberté et le droit de choix de l'enfant (qui ne sont pas
absolus) exige que la loi empêche cette obligation. L'enfant
n'a pas de religion, ni tradition, ni fanatisme. Il ne s'est pas joint
à aucune secte religieuse. C'est un être nouveau, qui
est né par hasard et indépendamment de sa volonté,
dans une famille avec une religion, une tradition et des fanatismes
particuliers. La société a le devoir de neutraliser
les conséquences négatives de ce tirage au sort aveugle.
La société a le devoir de créer des conditions
égales et équitables pour la vie de tous les enfants
ainsi que pour leur développement, épanouissement et
participation active dans la vie sociale. Celui qui veut barrer le
chemin normal de la vie sociale d'un enfant, exactement comme celui
qui décide de maltraiter, en raison de sa culture, sa religion
et ses complexes personnels et collectifs, le corps d'un enfant, doivent
se trouver face à la solide barrière législative
et la réaction sérieuse de la société.
Aucune fillette de 9 ans, ne "choisit" de se marier, d'être
mutilée, de se transformer en cuisinière ou femme de
chambre des mâles de la famille, d'être privée
de sport, d'études ou de récréation. L'enfant
grandit dans la famille et la société, selon les traditions
et les règles établies et accepte automatiquement ces
idées et ces règles comme les manières normales
de la vie. Parler de choix du voile islamique par les enfants eux-mêmes,
est des plus absurde. Celui qui fait passer le mécanisme de
la transformation d'une fillette sans voile en fillette voilée
comme son "choix démocratique", ou bien ne vit pas
sur terre ou bien c'est un hypocrite qui ne mérite pas d'entrer
dans le débat sur les droits des enfants et la lutte contre
la discrimination. La condition de la défense de toutes sortes
de liberté de l'enfant pour expérimenter la vie, la
condition de la défense de libre choix de l'enfant, est d'empêcher
ces obligations automatiques et courantes. Celui qui pense que dans
la question du voile, l'enfant "n'est pas différent"
de l'adulte, devrait, avant de devenir membre de la rédaction
de quelque part ou constituer le comité scandinave de quelque
chose, remédier à ses idées arriérées
et son manque d'informations sur les données élémentaires
du problème.
Mais, leurs allusions à la "négation des droits
démocratiques", ne concernent pas les enfants mais les
parents. Est-ce que l'interdiction du voile islamique pour les filles
mineures et les adolescentes, bafoue "le droit démocratique"
des parents ? C'est ce qu'ils prétendent. Heureusement, la
société humaine est en train de sortir de l'époque
où les femmes et les enfants faisaient partie des biens des
pères et des maris et ceux-ci avaient officiellement le droit
de les tuer. Ce dont ces éminents savants parlent en tant que
les droits démocratiques des parents, est le vestige des droits
tribaux des pères qui s'est, heureusement, très restreint,
avec le progrès de la société et sa "gigolosation".
Oui, chers amis, les droits des parents sur les enfants sont limités
et conditionnés par les droits humains, universels et légaux
de l'enfant. C'est le devoir de la loi (ainsi que celui de "l'état
et la police") dans chaque pays de les garantir. Nul, ni père,
ni mère, ni le tonton, ni la grande tante, n'a le droit de
battre ou d'intimider l'enfant. Nul n'a le droit de priver l'enfant
de sa liberté. Nul n'a le droit d'empêcher l'enfant d'étudier,
de faire du sport, avoir des amis. Nul n'a le droit d'abuser sexuellement
l'enfant. Nul n'a le droit d'exploiter l'enfant. Nul n'a le droit
de le maltraiter physiquement, même avec les fatwas des mullahs.
Nul n'a le droit de priver l'enfant des moyens que la société
considère comme faisant parti de ses droits légitimes.
Ces maltraitances des enfants ne font parti des "droits démocratiques"
de personne. Exercer des interdictions et des restrictions sur la
toute puissance traditionnelle et tribale des pères et des
maris, est la condition sine quoi non pour que l'enfant profite de
ses droits humains élémentaires. Et ces droits devraient
encore davantage se développer. Chers amis, les épris
de liberté à mi-temps, croyez bien que la société
a fait des progrès pour arriver au point où nous sommes.
Est-il vraiment si difficile de comprendre ces simples vérités
?
Mais, peut-être, le voile islamique ne fait-il pas parti de
cette maltraitance des enfants ? N'est-ce pas que le voile vient du
"peuple", est du "nôtre", appartient aux
"immigrés déshérités", fait
parti de la culture de "nous les orientaux", est l'habille
des "anti-impérialistes", les racistes ne l'aiment
pas et, en plus, la ministre de l'immigration de la Suède,
elle-même, est sans voile ! Ces propos et ces conneries, de
la bouche d'un musulman "non fondamentaliste", ou de la
part de la secte de "Masoud et Maryam" (Modjahedins), ne
surprennent pas. Mais, vraiment, ceux qui prétendent être
défenseurs des femmes et progressistes, et se vantent de leurs
"va-et-vient" avec "les activistes de longue date des
mouvements féministes et anti-racistes en Suède",
ne comprennent pas encore la signification sociale du voile islamique
et de ses retombées dévastatrices sur l'esprit et la
vie des jeunes filles et des adolescentes en Suède ? Faut-il
vraiment prêcher pour ces gens-là, au sujet de la souffrance
et de la tristesse d'un enfant solitaire et sous le regard des autres,
ne sachant pas pourquoi elle n'a pas le droit de jouer, de nager et
de fréquenter ses copains, et n'ayant aucun pouvoir pour sortir
de cette situation et s'affranchir de ce cauchemar ? Voyez dans quelle
mesure le toudehisme (Parti Toudeh, la principale force ex- prosoviétique
de l'Iran) est enraciné et profond au sein de ces organisations
qu'ils ne "commettent" même pas par hasard, ne serait-ce
q'une seule fois, une position progressiste face à l'Islam.
L'INTERDICTION DU VOILE "OBLIGATOIRE" POUR LES ENFANTS Ceci
est leur mot d'ordre face à l'obligation du port du voile pour
les enfants. Ils imaginent avoir trouvé une bonne formule,
efficace et démocratique. Ce mot d'ordre ne dit rien et n'a
aucun effet sur la réalité de l'oppression des enfants
et surtout des jeunes filles dans les milieux islamiques. Pourquoi
? Réfléchissez bien sur le sens pratique de cette formule.
Si cette formule devient la base de la pratique dans la société,
cela signifie que seules les fillettes qui pourront prouver, devant
un tribunal ou une autorité, que leurs parents leur ont mis
le voile sur la tête par la force, seront dispensées
du port du voile islamique. Si on ne prouve pas l'obligation, on ne
prouvera pas l'illégalité. Vraiment que c'est une formule
capable d'ouvrir la voie ! Tout enfant courageux et instruit dans
une faculté de droit qui connaîtrait bien ses droits
civiques, serait prêt à être rejeté par
sa famille et témoigner publiquement et officiellement contre
ses parents musulmans, mettrait suffisamment de preuves à la
disposition du tribunal pour le convaincre de l'aspect obligatoire
du voile, répondrait au plaidoyer des avocats des parents et
tout le discours sur la relativité culturelle, pourrait (si,
au même moment les industries de la Suède ne sont pas
en train d'exporter quelque chose au "monde de l'Islam")
obtenir l'autorisation de ne pas porter le voile. Toute l'utilité
de cette formule est de présenter la superficialité
et le manque d'information de ses défenseurs par rapport aux
mécanismes de la vie réelle et toute la question de
la maltraitance de l'enfant dans la société et dans
la famille. Chers amis, éminents savants, le mécanisme
de l'obligation et de la contrainte dans la famille, est plus profond,
plus masqué et plus systématique que ça. Personne
ne mettrait le voile sur la tête des enfants en brandissant
une arme, car l'enfant ne mettrait pas en doute la volonté
et l'exigence de ses parents. L'enfant, même quand il est victime
de la violence et de la maltraitance, considère que ses parents
ont raison et c'est lui qui a tort. Il considère la résignation
à ses parents comme un devoir évident. Pour un enfant,
perdre l'affection des parents, ne pas obtenir leur satisfaction,
les fâcher, est un cauchemar. On ne comprend pas pourquoi nos
amis attendent d'un enfant d'une famille religieuse, qu'il montre
devant ses parents et les adultes de la famille, le courage qu'ils
ne sont pas prêts à montrer, eux-mêmes, collectivement
devant les musulmans. On attendait que nos amis trouvent une formule,
ou une loi, ou une politique, pour défendre les droits des
enfants, mais avec ce mot d'ordre, on découvre que, au contraire,
ce sont les enfants qui devraient montrer du courage et sauver Rahe
Kargar et la revue suédoise des "femmes et le fondamentalisme",
de l'impasse politique. Laissez-nous leur demander combien d'enfants,
réellement, se seraient débarrassé, après
un an, du voile islamique par cette formule ? Trois, quatre, sept
ou onze ? Ce mot d'ordre devrait résoudre le problème
d'une génération d'enfants et d'adolescents opprimés
en Suède ? Laissez-nous leur demander pourquoi dans de pareils
cas, la responsabilité de démontrer le délit
ne se trouverait pas toujours sur les épaules de l'enfant ?
Êtes-vous prêts d'interdire seulement le travail "obligatoire"
des enfants ? Êtes-vous prêts d'interdire seulement l'abus
sexuel "obligatoire" des enfants ? Êtes-vous prêts
d'interdire seulement de frapper l'enfant sans son consentement ?
Êtes-vous prêts d'interdire seulement le mariage "obligatoire"
des filles mineures ? Êtes-vous prêts d'interdire seulement
la concision "par contrainte" des filles ? Et si dans tous
ces cas-là, l'enfant est indifférent ou consentant,
ne porte plainte ou retire sa plainte, aucun délit n'a eu lieu
? Vous n'aurez plus de responsabilité ? Vous aurez la conscience
tranquille et vous pourriez rentrer tranquillement dans le bureau
de votre rédaction suédoise et le comité en Scandinavie
de votre organisation ?
Ce mot d'ordre est vide de sens et hypocrite. C'est une formule pour
dérober la question et ne pas offenser les musulmans. Mettre
le voile islamique sur la tête des filles mineures, est par
définition une imposition religieuse et culturelle par une
secte particulière. De même que les adeptes de "la
porte du paradis" n'ont pas le droit d'assassiner leurs enfants
avec eux au moment de leur suicide pour rejoindre "le vaisseau
mère", les adeptes de la secte islamique non plus n'ont
pas le droit d'imposer la marginalisation, l'esclavagisme et le manque
de droit de femmes dans leur culte, à des filles qui sont nées
parmi eux. Non seulement la société a le droit, mais
elle a le devoir, de défendre les droits de ces enfants, même
si elles-mêmes sont inconscientes de ce qui leur arrive et l'acceptent
volontiers.
La société a le droit d'exiger que les normes établies
au prix des illuminations et des luttes d'innombrables hommes, soient
aussi respectées pour les enfants. Ceux-ci ne sont pas uniquement
les biens de leurs parents, ils sont aussi des citoyens respectueux
qui ont des droits et la société est responsable de
la sauvegarde de leurs droits. Celui qui est vraiment contre l'imposition
du voile islamique aux enfants, celui qui est vraiment pour que les
filles victimes du voile islamique s'en débarrassent, pourra
comprendre qu'il faut exiger l'interdiction du voile islamique pour
les enfants. Seule, cette revendication pourra réellement soutenir
les filles des familles islamiques. Seule, cette revendication permettra
aux familles qui, elles-mêmes, n'aiment pas le voile islamique
mais sous la pression des groupes islamiques et l'ambiance dominante
de leur milieu de vie l'acceptent, de faire reculer ces pressions
et d'avoir une pratique plus humaine. Seule, cette revendication donnera
la possibilité aux mères, qui ont vécu pendant
des années cette pression, et qui sympathisent avec leurs filles,
de prendre la défense de leurs filles dans la famille et de
trouver une voix. Seuel, cette revendication isole réellement
les fondamentalistes, les dogmatiques et les marchands de la religion
dans les milieux des immigrés. Seule, cette revendication garantira
le chemin le moins douloureux de l'émancipation des enfants
de l'oppression dont ils sont victimes.
LE MONSTRE DE "LA LOI ET LA POLICE" Apparemment, notre faute
grave est que nous avons exigé que la loi empêche l'exercice
de cette oppression contre les jeunes filles et les adolescentes dans
les milieux islamiques. Que nous avons exigé qu'un genre particulier
de maltraitance et de privation de liberté des enfants soit
déclaré légalement interdit. La réaction
de ces gens-là, vis-à-vis de notre position, est incroyable.
Ils disent : ceci est d' "avoir recours à la loi et à
la force", du "polpotisme", de la méthode "à
la Reza Shah", du "lepénisme", de la "répression".
Comme si c'est la première fois qu'ils entendent parler que
quelqu'un demande, pour la défense d'un droit, la modification
de la loi et l'obtention de la garantie légale pour sa sauvegarde.
On ne sait pas s'il faut considérer cette opposition à
l'intervention de l'état dans la défense des enfants,
comme leur anarchisme et leur révolutionnarisme nouvellement
retrouvés, ou le signe de leur attachement au mouvement de
désétatisation et le culte du marché qui est,
dans le monde de l'aorès-Union Soviétique, la condition
nécessaire d'être considéré comme démocrate.
Pourquoi personne de ces "mouvements féministes et anti-racistes"
n'explique pas à nos amis récemment devenus démocrates,
que tout le combat pour les réformes et contre les discriminations
est un combat autour des lois, pour le changement des lois, réformer
les lois et utiliser les lois. Pourquoi quelqu'un ne leur a pas expliqué
que les ouvriers et les femmes ont mené des luttes et des luttes
pour intégrer le principe de l'égalité des sexes,
le congé maternel et l'assurance de chômage dans les
lois, pour que nos amis puissent en profitent aujourd'hui. Pourquoi
personne ne leur a dit que tout le mouvement des femmes, le mouvement
pour les droits civiques aux Etats-Unis, le mouvement anti-apartheid,
le mouvement écologique, sont des mouvements pour le changement
des lois et obtenir le soutien des lois à leurs revendications.
La loi, est l'axe de la lutte pour les réformes dans la société.
Comment peut-on prendre au sérieux quelqu'un qui parle de la
défense des droits des femmes et des enfants, mais déclare
avant tout qu'il s'en fiche des lois et n'a pas besoin de les changer
? Soit ! Nous comprenons. C'est le nouvel ordre international et les
sponsors suédois de ces braves gens ne savent pas parler persan
; mais, quand même, il ne faut pas dire n'importe quoi. S'ils
répètent en suédois leurs pensées géniales
dans leur fameux journal suédois, s'ils qualifient de la même
manière de "lepéniste et polpotiste" le mouvement
féministe qui cherche à faire adopter des lois au profit
des femmes, s'ils insultent les syndicats parce qu'ils sont pour l'interdiction
du travail des enfants, s'ils se déchaînent contre les
retraités parce qu'ils demandent avec insistance le contrôle
de l'état, de la loi et de la "police" sur leur épargne
dans les caisses de la retraite et pour empêcher des gâchis,
alors les premiers qui les mettraient à la porte et leur montreraient
la sortie, seraient ces mêmes "mouvements féministes
et anti-racistes" de la Suède.
En plus, on ne comprend pas, pourquoi l'adoption de chaque loi doit
être interprétée comme "la répression".
L'intimidation des gens à la manière des mullahs et
la répétition comme des perroquets des insultes et des
mensonges usés de l'époque de la guerre froide, est
très fâcheuse, mais, de la bouche de ces gens-là,
ne nous étonnent plus. La réalité est que l'adoption
de la loi pour interdire le voile islamique pour les filles mineures,
comme les autres lois civiques, aboutirait à son respect par
la majorité des gens. Par conséquent, de nombreuses
filles dans les familles islamiques, s'émanciperont, sans disputes
quotidiennes, de cet emprisonnement. Dans des cas de non respect de
cette loi, il faudrait tenir compte de chaque cas séparément,
ainsi que de différents aspects du problème. Garer une
voiture devant la sortie d'un cinéma est interdit, mais personne
n'a encore été "arrêtée", même
en Iran ou en Indonésie, pour ce délit. Conduire une
moto sans la casquette de sécurité est interdit et cette
loi est en contradiction avec la religion et le turban des sicks,
mais ça n'a pas empêché l'adoption de cette loi
et aucun sick ne l'a pas interprétée comme "Reza
Shahi" et "polpotiste", ou comme un plan pour "arrêter"
les siks. L'essentiel, est que, avec l'adoption de cette loi, les
droits des enfants et le fait que la religion est l'affaire personnelle
et privée des parents et ne devrait pas être imposée
à l'enfant et restreindre ses droits civiques, sont déclarés
et soulignés comme les normes de la société.
Et, enfin, il faudrait aussi ajouter que ce sont les parents et non
les enfants qui sont responsables devant la loi. Une fille mineure
qui porte le voile islamique, n'est pas délinquante elle-même.
Mais, quelle est leur alternative proposée ? Si la loi ne devrait
pas y intervenir, comment pourra-t-on mettre fin au cauchemar des
filles dans les familles islamiques ? Voilà leur réponse
: le dialogue critique, des prêches, "l'augmentation du
soutien aux filles des familles islamiques", "l'augmentation
du pouvoir et l'intervention des organisations et des institutions
populaires indépendantes". En d'autres termes, il faut
mettre le problème à la disposition du secteur privé
et le mécanisme du marché d'opinion. Il faut mettre
plus de moyens et de "pouvoir" à la disposition des
organisations du genre de revue suédoise de "les femmes
et le fondamentalisme" et "les présentateurs connus
de la télé" qui savent "présider une
table ronde". Ils pourront ainsi se battre, en mobilisant les
musulmans modérés et en renforçant l'islam tolérant,
avec des méthodes qu'on connaît, contre la percée
du fondamentalisme parmi les immigrés. Les filles des familles
islamiques devraient patientes pour l'instant et respecter les droits
démocratiques de leurs parents croyants. Le moment venu, elles
seront informées, par l'intermédiaire de l'émission
Mosaïque[5], des résultats libérateurs de ces efforts.
On verra, plus loin, ce que c'est le fondement "matériel"
de cette prise de position. Mais, pour tous ceux qui se soucient réellement
de la privation d'une partie des enfants de cette génération
de leurs droits humains, ces points de vue sont sans contenu et sans
valeur. Le droit de l'enfant devrait être garanti avec les mêmes
mécanismes que les autres droits dans la société.
La loi devrait être changée au profit de la diminution
de la discrimination sexiste dont sont victimes les filles dans les
familles islamiques. La loi devrait protéger ces filles de
la mainmise des sectes religieuses. La loi devrait donner, à
ces membres oubliés de la société suédoise,
le droit de décider librement, quand elles arrivent à
l'âge légal, du choix de leur religion. Et, jusque-là,
aucune croyance ou règle religieuse, surtout avec de telles
conséquences destructrices, ne doit pas leur être imposée.
Celui qui ne considère clairement pas le soutien à ces
victimes de la maltraitance des enfants et de la discrimination sexiste,
comme la tâche de la loi et de l'état, ou bien est un
menteur, ou bien un incapable de comprendre l'énoncée
du problème.
"FABRICATION DES MINORITES" ET LA RELATIVITE CULTURELLE
L'axe principal de la position islamique et de droite de ces gens-là,
est le discours de la relativité culturelle et la notion des
minorités. On devrait s'occuper de cette question, plus largement,
dans une autre occasion. Ici, on se contente de dire seulement que
la thèse de la relativité culturelle et toutes les politiques
et les méthodes étatiques et non étatiques qui
se basent sur elles, sont un phénomène de pensée
profondément raciste. La relativité culturelle est une
couverture pour créer un apartheid social, juridique, de pensée,
affectif, géographique et civique tout azimut entre les habitants
d'un pays, sur la base de race, appartenance ethnique et religieuse,
et n'a d'autres conséquences que de créer de petites
communautés arriérées et repliées sur
soi de "minorités" non européennes, au sein
de la société de "majorité" blanche
et européenne. Il faut faire le barrage devant ce processus.
Tous les habitants du suède sont des citoyens égaux
devant la loi et devraient vivre selon les lois et les normes sociales
analogues. Les habitants du suède sont des citoyens égaux
devant la loi et devraient vivre selon les lois et les normes sociales
analogues. Nous ne divisons pas, comme eux, la société
en majorité et minorité culturelle, religieuse, nationale
et raciale.
Nous croyons aux droits et aux libertés uniques et universels
pour tous les hommes, que tout le monde devrait en profiter, indépendamment
du sexe, de la race, de l'appartenance ethnique ou autre. Nous ne
nous considérons comme la partie intégrante d'aucune
minorité. Les enfants qui sont l'axe de la lutte d'aujourd'hui,
n'appartiennent à aucune minorité. Ils sont des enfants
habitants la Suède qui devraient profiter de tous les droits,
toutes les libertés et tous les moyens qui ont été
obtenus pour les enfants, grâce aux efforts des générations
des hommes épris de liberté, progressistes et militants
pour l'égalité, dans cette société.
À travers cette même polémique autour du voile
islamique, émergent ceux qui sont les défenseurs de
la relativité culturelle et de la fabrication des minorités.
La bourgeoisie suédoise qui considère les immigrés
et les étrangers comme des éléments éternellement
étrangers à ce pays et dont l'objectif est de les contrôler
et de les mettre en dehors des activités sociales du pays de
façon la plus simple. Dans le domaine de lapensée et
du social, la relativité culturelle a le même effet que
la création des ghettos dans le domaine de l'habitation et
du séjour. La minorité fictive ainsi créée,
aura besoin des chefs, des surveillants et des proviseurs. Des gens
semblables et de la même race qu' "eux-mêmes",
qui aideraient la société majoritaire à gérer
les communautés minoritaires. Des gens qui empêcheraient
la tension dans le camp de la minorité, qui feraient barrage,
au sein même de la minorité, devant la revendication
de la création d'une société unique et cohérente,
des gens qui abaissent les exigences et légitiment l'idéologie
de l'apartheid dans la langue et la culture de la minorité.
Ceci est l'honorable job que nos amis courent pour s'arracher. Ils
demandent, auprès de l'état, "pouvoir et influence"
pour eux-mêmes. Ils font attention à ne pas nuire à
la religion, aux comportements de cette minorité et aux "droits
démocratiques des parents islamiques". Ils font du bruit
et empoisonnent le débat contre l'adoption des lois générales
qui restreindraient le pouvoir des autorités traditionnelles
au sein de cette minorité. Ils font la promesse de "plus
de soutien" aux filles mineurs de la minorité. Ils se
vantent devant la minorité de la connaissance et du soutien
des autorités et des personnalités généreuses
du monde de la majorité, et montrent à la majorité
les allaho-akbar (dieu est grand) et le satisfecit des religieux du
camp de la minorité. Ils espèrent devenir ainsi les
gérants internes du monde de la minorité. Ceux qui ont
un pied dans chaque monde : dans le centre mettent du Jean, deviennent
féministes et prétendent, en langue suédoise,
d'être épris de liberté et, au sein de "leur"
communauté, s'habillent en vêtements folkloriques et
qualifient de "gigolo", à la manière des fils
des Hadji et des mullahs des villages, ceux qui parlent du modernisme.
Ils ont bien compris leur travail et ne ménage pas leurs efforts.
L'objectif est d'éloigner la communauté minoritaire
de la société majoritaire, et de la garder dans la quarantaine
culturelle, politique et esp rituelle. L'objectif est d'empêcher
la création d'une ambiance polarisée et tendue. L'objectif
est d'empêcher "le développement du fondamentalisme
dans la deuxième génération des étrangers".
L'objectif est d'immuniser la Suède contre le terrorisme islamique.
Malheureusement, leur solution est non seulement contre les jeunes
filles des familles islamiques, mais en plus elle prépare la
voie pour la montée de la réaction et du terrorisme
islamique dans ces sociétés. Combien de fois, la démonstration
devrait être faite que le recul de la religion et de la réaction
religieuse ne sera possible qu'en défendant clairement les
valeurs humaines contre la religion. Combien de fois, la démonstration
devrait faite que la voie pour faire barrage à la barbarie
religieuse n'est pas d'accepter ses chantages et d'essayer de lui
donner un visage humain, mais de lutter contre les superstitions et
les traditions religieuses. Combien de fois et à quel prix
la démonstration devrait être faite que l'islam, et la
religion en général, n'ont pas d'ailes progressistes
et soutenables. Combien de fois la démonstration devrait être
faite que seul l'existence d'une alternative radicale et réelle
pour la liberté, pourrait balayer l'islam politique. Comment
ne se rendent-ils pas comptes que la solution pour contrer la réaction
et le terrorisme islamique, n'est pas de légitimer ce dogmatisme
et cette terreur dans la famille. Comment ne comprennent-ils pas que
la fabrication des minorités et la politique de la relativité
culturelle sont un service gratuit que l'on rend à la réaction
islamique, préparant le terrain et les milieux sociaux et culturels
pour son recrutement.
Leur difficulté est que, ces gens-là, n'ont en tout
cas pas de chance pour jouer un rôle d'intermédiaire.
Cette partie originaire d'Iran des immigrés, a une grande sympathie
pour la vie européenne, et est arrivée, en Europe, précisément,
avec son indignation de l'islam. Peut-être que, la défense
de l'islam pourrait, au sein des immigrés des autres pays,
faire prospérer la boutique politique de quelqu'un, mais ces
paroles n'ont pas d'acheteur parmi les immigrés iraniens. Cette
réalité mettrait l'accent sur le rôle important
que pourraient jouer les immigrés iraniens dans l'avenir de
la société suédoise et la détermination
du sort de la réaction islamique dans ce pays. Cette communauté
pourrait, d'une part, devenir un exemple du modernisme pour les autres
immigrés des pays dits islamiques, et, d'autre part, puisqu'elle
a la main libre pour lutter contre la réaction islamique, car
elle connaît plus que quiconque la nature de la religion et
du pouvoir religieux, pourrait-elle redire les vérités
face aux propagandes des islamistes et leurs adeptes comme Rahe-Kargar,
et les partisans de la relativité culturelle. Le parti communiste
ouvrier d'Iran, en Suède, s'efforce activement de mobiliser,
le plus possible, ces immigrés pour la défense des droits
des enfants et contre la poussée de la réaction islamique
et la politique raciste de fabrication des ghettos culturels.
Le problème posé est très important. La polarisation
créée est réelle et profonde. Le problème
de savoir, dans quelle mesure, le bruit et la démagogie de
ces groupes pourraient faire dissiper leur nouveau scandale politique,
n'a pas d'importance. L'important est que, face à tout le racisme
du pouvoir dans ces sociétés, face à leurs thèses
et leurs politiques de toutes couleurs pour la création de
l'apartheid culturelle et sociale, et face à tous les courants
réactionnaires, arriérés et opportunistes, le
camp de la liberté, de l'égalité et du sécularisme,
s'engage de toute sa force. Le parti communiste ouvrier d'Iran s'engage
dans cette lutte. La défense des droits des filles dans les
milieux sous l'influence de l'islam et dans les familles islamiques,
est partie intégrante de cette lutte.
L'ORGANISATION A L'ETRANGER DU PARTI COMMUNISTE OUVRIER D'IRAN LE
COMITE DE SUEDE 13 JUIN 1997
PUBLIE EN JUIN 1997 DANS LE NUMERO 24 DE L'INTERNATIONAL, ORGAN DU
PCOI L'åUVRE INTRGRALE DE MANSOUR HEKMAT, TOME 8, PAGE 379-392 L'EDITION
DU PCOI, NOVEMBRE 1997
[1] Rahe Kargar : La voie de l'ouvrier, ex-prosoviétique
[2] Reza Chah, père du dernier chah d'Iran. Il a interdit,
en 1938, le port du voile en Iran.
[3] Asrin Mohammadi
[4] Allusion à l'affaire de water-gate, l'écoute téléphonique
commanditée par Nixon, le président américain
dans les années 70 du siècle passé. Cette affaire
a provoqué un scandale politique et entraîné la
démission de Nixon.
[5] Une émission télévisée, en Suède,
consacré aux étrangers
French translation : Nader Baktash
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UUI, Case postale 325
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